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Peuple, réjouis-toi : Metronomy veut te faire danser à nouveau



Y’a vraiment des gens qui cherchent à en coller un maximum dans leur panier avant de passer à la caisse. Joseph Mount est pire que ça. Avec lui, ça déborde à chaque fois. Incapable de lâcher la guitare pour l’ordi, crooner version épagneul dépressif ou DJ disco en fonction de ses humeurs, il veut que sa musique fasse rire et chialer, dormir et danser. Il la programme pour qu’elle tripote le futur et déterre le passé, qu’elle fasse la pluie et le beau temps. Et c’est ce crachin qui arrose les palmiers, cette joie souvent obligée de s’abriter sous un parapluie, qui botte depuis les débuts de Metronomy et son tout premier album autoproduit de 2005, Pip Paine (Pay the £5000 You Owe), titre inspiré du message inscrit sur une voiture par le patron d’une casse anglaise au fameux Pip Paine qui lui devait 5000 livres sterling. Depuis, Joseph n’a pas changé. Le genre de vegan qu’on imagine volontiers s’empiffrant d’une platée de merguez.

Summer 08

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Old Skool Noisey : La dernière fois que je t’ai vu, c’était il y a quelques semaines au festival We Love Green et tu mixais seul sur scène. Tu aimes bien l’exercice ? Joseph Mount : Tu fais plus de DJ sets ces temps-ci ? Wow, tu as donc fait du remix de remix ? Ça veut donc dire que le groupe ne jouera pas les morceaux du nouvel album en live ?
Souvent, les producteurs électro se projettent dans le futur. Toi, tu as l’air d’être retourné sur le passé : comment l’idée de ce nouvel album est venue ? Love Letters Love Letters Tu as donc plus d’autonomie en studio ? The English Riviera Nights Out Summer 08 se présente avec deux faces distinctes, l’une groovy et l’autre plus downtempo. Une construction un peu à l’ancienne, non ? Love Letters Est-ce que tu dirais que Summer 08 est le plus Joe Mount de tous les albums de Metronomy ? Nights Out The English Riviera Love Letters Summer 08

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Tu as donc repris de vieilles idées que tu avais laissé tomber ? Comment as-tu invité Robyn pour le featuring sur Hang Me Out To Dry ? Tu es père de deux jeunes enfants, ça a changé ta façon de produire de la musique ? Genre, tu travailles suivant des horaires de bureau ? oh, il y a ces deux trucs sur lesquels il faut que j’écrive des chansons si j’ai le temps quand j’en aurai fini avec les enfants Ça, c’est pour le point de vue pratique. Mais sur le plan émotionnel, les enfants ont aussi changé quelque chose dans ta musique ? Cette nostalgie qu’on sent toujours dans tes compositions reste très présente.

Ce n’est pas de ta vie d’avant à laquelle je pensais mais à cette mélancolie, cette nostalgie qui envahit toujours tes pop-songs depuis le début.
Ah oui ! C’est probablement une nostalgie de la musique, de ce qu’elle a été pour moi et pour d’autres. Quand je lis des interviews de gens qui parlent des années 70… J’en suis à un point où il m’arrive de penser que telle chanson que je viens de faire sonne comme du Peter Gabriel et ça ne me dérange pas car je sais que la musique est un grand cycle. Mais les glorieux temps de cette époque ne me manquent pas du tout. En revanche, j’assume cette part de nostalgie qui est sûrement liée à mon âge.

En tout cas, tu n’éprouves aucune nostalgie de l’Angleterre depuis que tu vis à Paris ?

A l’inverse, tes chansons semblent imperméables à la musique et à la culture française.
Vivre ici m’a au moins aidé à comprendre le rapport qu’ont les Français à la musique anglaise. Et cette sensibilité, cette écriture pop des Français, avec des groupes comme Phoenix que j’adore. Mais c’est vrai que je garde ma façon de travailler totalement instinctive. En revanche, je suis sûr que tu pourrais déceler une sorte de « frenchness » par-ci par-là mais j’imagine que ça ne doit pas être évident.

Et est-ce que ta vision de la scène musicale anglaise a changé vue d’ici ?
Déjà, le plus intéressant, où que tu sois, c’est d’écouter la radio. La moitié des chansons ne seront pas anglaises. Sinon, la scène anglaise est plutôt OK ces temps-ci, des trucs intéressants se passent du côté des musiques urbaines. Mais c’est triste que les groupes soient devenus un peu indésirables. Si tu prends The 1975, l’un des derniers gros groupes british, leur dernier album sonne comme One Direction sans que ce soit péjoratif. C’est devenu un « boys band de pop-music », ce qui est plutôt malin. Car être un groupe indie en Angleterre n’a vraiment rien de cool. D’ailleurs, je ne connais pas de bon groupe récent à guitares. Je sens aussi un manque d’inspiration. Si tu es jeune et que tu veux devenir musicien, la pop-music offre aujourd’hui une bien meilleure source d’inspiration. Ou le R’n’B, dans lequel tu trouveras bien plus d’excitation que dans un groupe.

C’est en électro que l’Angleterre se défend plutôt bien.
Il y a tout un monde que je ne connais pas. Mais c’est clair que tout ce qui se passe autour de Jamie XX et Four Tet est super excitant même si on est très loin de la techno. Sinon, l’Angleterre reste spécialiste de la pop et tous ces mondes restent connectés via l’underground.

Tu mentionnais Peter Gabriel mais je pensais à Brian Eno : dans le temps on avait soit des songwriters, soit des producteurs mais ces deux-là étaient les deux, un peu comme toi aujourd’hui, non ?
Oui c’est sûr, même si je pourrais encore plus m’éloigner des guitares et des batteries pour devenir ce type de producteur. Si tu es excité par la musique et que tu aimes l’idée de devenir musicien, tu as deux possibilités : l’une est d’apprendre à jouer du piano ou de la guitare. L’autre est de se procurer GarageBand ou Ableton. Dès que tu commences à te servir d’un ordinateur pour la musique, tu deviens un producteur. Tous les nouveaux producteurs sont le fruit d’heureux accidents, ils ne pensent pas eux-mêmes être des producteurs ou des songwriters, ils font des beats, et c’est cool.

Tu as grandi à Totnes, une ville du Devon un peu new-age, en avance en matière d’éco-responsable et d’énergie solaire. Ça t’a marqué ?
C’est probablement le premier endroit en Angleterre où s’est développé ce côté organique. C’est marrant car en grandissant dans un endroit comme ça, tu vas chercher l’opposé et vouloir vivre en ville et opter pour les poulets élevés en batterie. Mais ce qui est super, c’est cette reconnaissance de la créativité qui est plus présente que n’importe où ailleurs. C’est aussi un endroit où les enfants courent partout, rien ne semble pouvoir arriver. Ça a eu un impact énorme sur moi. Mais il m’a fallu partir.

Et sinon, est-ce que Pip Paine a enfin payé les 5000 livres qu’il devait ?
Il y a eu une photo récemment sur Instagram avec une nouvelle voiture sur laquelle était indiqué que 500 livres avaient été remboursées au gars. Pip Paine lui doit donc encore 4.500 livres. Ce sont les dernières nouvelles.

Summer 08 sort demain, 1er juillet, sur Because.

Pascal Bertin emprunterait bien 5.000 euros, il est sur Twitter.

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