Videos by VICE
On peut douter de ces chiffres, et apprécier le suivant: l’armée est composée de 70000 hommes, et chaque année, entre 600 et 700 de ces soldats sont internés dans la section de désintoxication de l’hôpital militaire de Kaboul.



Dans les ruines de Tchaman Ouzouri, à Kaboul, près du stade, un fumeur d’héroïne s’abrite du vent pour éviter que sa poudre ne s’envole et, par la même occasion, pour cacher son visage aux officiers de police qui font leur ronde quotidienne dans ce quartier, qu’ils savent fréquenté par de nombreux toxicomanes et dealers.

Des adolescents en pleine bataille de boules de neige devant une affiche pour la campagne de recrutement de l’ANA.
A 26 ans, Behezad, lui, est un ex de l’armée nationale afghane. Il a côtoyé l’héro pour la première fois lors de son exil en Iran. À son retour à Kaboul, il y a un an et demi, il a intégré l’armée, dans l’espoir de se désintoxiquer. Il a tenu 6 mois, puis a démissionné. Aujourd’hui, il fait partie des dizaines de toxs à avoir élu domicile dans les ruines de l’ancien centre culturel soviétique de Dehmazang. Il n’est plus en contact avec sa famille depuis plusieurs mois, et s’injecte dans les veines un gramme de poudre par jour, dispatché en 3 fois. Il survit en faisant des petits boulots au bazar, trouvés au jour le jour, quand il a l’énergie. Le reste du temps, il mendie, et se fournit en seringues neuves dans les divers centres de prévention.
Je lui ai demandé des nouvelles de son copain Jawed, qui devait tenter de décrocher peu après la fin de mon précédent séjour, six mois plus tôt. Il blêmit, son visage devient triste. Jawed est bel et bien entré en cure, mais pour s’injecter une dose aussitôt sorti. La dernière. Je me souviens de la légende que j’avais donnée à une photo que j’avais prise, à l’époque: «Jawed va normalement entrer en cure la semaine prochaine. Une lueur d’espoir l’anime, à la différence de Behezad, au second plan, qui n’a pas obtenu de place…» Behezad est en vie, mais toujours accro. Rien n’a changé en six mois, c’est même pire. Hier encore, on a découvert un corps. Encore une OD. Le type se décomposait dans un recoin.



Un militaire de l’Armée Nationale vient chercher de quoi fumer dans les ruines de Tchaman Ouzouri, à Kaboul, lieu où se concentrent de nombreux toxicomanes.

Les usagers de Dehmazang n’ont même plus peur de s’injecter devant les policiers patrouillant dans le quartier. Ces derniers les rackettent, certes, mais ainsi ils les laissent tranquilles.
