Music

Acid Arab n’ont aucune envie de devenir « les Muezzins de la Techno »

Acid Arab Comme vous l’avez peut être lu précédemment, on a été les rencontrer à l’occasion de leur passage au festival Less Playboy Is More Cowboy à Poitiers

Videos by VICE

Noisey : Depuis la sortie d’Acid Arab Collections en début d’année, on vous voit partout. Vous enchaînez les dates en France, en Europe, en Afrique du Nord. Vous êtes perçus comment dans tous ces pays que vous traversez ? Hervé Carvalho : Guido Minisky : Hervé Carvalho : Guido Minisky : Hervé Carvalho : Guido Minisky : Hervé Carvalho : Guido Minisky : Vous avez fait la Tunisie, l’Egypte … Guido Minisky : Hervé Carvalho : vraiment En France, vous avez un statut particulier. J’aime bien lire les chroniques que vous avez sur les sites ou les magazines anglo-saxons. C’est beaucoup plus naïf, plus sincère. On sent qu’ils parlent vraiment de ce qu’ils ressentent. Ici, j’ai l’impression qu’on vous réduit assez vite à une formule, à quelques codes bien précis. Guido Minisky : Hervé Carvalho : Guido Minisky : Hervé Carvalho :
Au début, les gens voyaient le truc de manière assez schématique : ok, deux gars qui mélangent musique orientale et musique electronique. Mais depuis, c’est beaucoup plus flou, ça va bien au dela de ça, il y a des choses vraiment surprenantes dans vos sets. Comment vous gerez ça ? Vous arrivez à capter le public en face de vous rapidement ? Guido Minisky : Hervé Carvalho : Guido Minisky : next level Hervé Carvalho : Vous avez pas peur de tomber dans le cliché, le truc de festivals… Guido Minisky : Hervé Carvalho : Guido Minisky : Autour de moi, l’impression générale, c’est que ça marche grave pour vous en ce moment. Guido Minisky : Rires Hervé Carvalho : Guido Minisky : Hervé Carvalho : Rires Guido Minisky : Hervé Carvalho : Le truc marrant c’est qu’on a jamais été autant informés et que tout le monde sait qu’il n’y a plus une thune dans la musique, mais que les gens continuent malgré tout à s’accrocher au mythe, à l’image hyper glamour… Hervé Carvalho : Rires Là, vous vous apprêtez à passer un autre cap avec la sortie de vos propres prods et de votre premier véritable album . Hervé Carvalho : Acid Arab Collections

J’ai l’impression justement que les invités sur ce disque vous ont permis d’affiner votre idée, de l’élargir aussi. Je pense notamment au remix de Crackboy du « Shift Al Mani » d’Omar Souleyman . De l’extérieur, on dirait qu’il y a vraiment eu un avant et un après.
Hervé Carvalho : Guido Minisky : Hervé Carvalho :

L’avantage avec toutes ces dates, c’est que ça doit faciliter le digging, vous devez trouver de nouveaux morceaux à passer un peu partout.
Guido Minisky : Ah oui, carrément. Là, dans les derniers trucs sur lesquels on a bloqué, il y a les finlandais de Eazy & Center Of The Universe, un groupe roumain qui s’appelle Khidja… Il y’en a tellement ! On a aussi découvert Biazia, un mec de 18 ans qui fait de la trap rebeu… Et puis il y a toujours des trucs incroyables dans les sorties plus « larges » : DJ Snake, l’album de Mr Flash… C’est sans fin, mais c’est normal parce que personne ne fait vraiment de la musique orientale, c’est toujours un mélange entre plusieurs styles, il y a toujours des samples, des emprunts, des inspirations. On ne fait rien de nouveau au final. Des tas de gens l’ont fait avant nous ce mélage.
Hervé Carvalho : Rien que Prodigy, par exemple.

Mais il y’a eu un regain d’intérêt pour ce type de mélanges depuis quelques années avec Omar Souleyman, Sublime Frequencies.
Guido Minisky : Oui, complètement. Un mec comme Omar Souleyman a vachement ouvert de portes.
Hervé Carvalho : Pour moi, cette musique, c’est comme la jungle, il y’a un type qui scande, un pied…
Guido Minisky : Ça pourrait être Manchester…
Hervé Carvalho : Ou Spiral Tribe. Moi, ce que j’aime, c’est que ces musiques ont souvent un son pourri, ultra aggressif.
Guido Minisky : La musique orientale a souvent un son pourri, parce qu’elle a été mal enregistrée, que les disques sont mal pressés. Ce sont souvent des copies de copies qui devienennt des mp3
Hervé Carvalho : On a eu cette discussion avec Mahmoud Rufer, qui est un peu le mec qui tient la musique underground au Caire. Il bosse avec des studios des labels, il fait des trucs avec Hyperdub en ce moment. À un moment on lui demandait « mais pour ces morceaux, t’as pas des fichiers wav ? » Et lui nous répondait « mais de quoi tu me parles ? » [Rires] Les gens, là-bas, ils écoutent ça sur leurs téléphones. Le support principal de l’electro chaabi, c’est YouTube ! Ils en ont rien en foutre des wav et des disques.


Acid Arab démoliront le Cabaret Sauvage ce dimanche pour la soirée de clôture de la Villette Sonique, aux côtés de Gavin Russom, Todd Terje, Shit Robot et Paranoid London. Et j’espère que vous avez vos places parce que c’est évidemment archi-complet.


Lelo Jimmy Batista est le rédacteur en chef de Noisey France. Il a des mp3 en 96kbps dans son iTunes. Il est sur Twitter – @lelojbatista

Thank for your puchase!
You have successfully purchased.