
Il y a plus de 400 000 gitans en Roumanie. Les Roumains ne peuvent pas les saquer, ils prétendent que les gitans de Bucarest contrôlent les trafics de femmes, de drogues et d’armes vers le reste de l’Europe. Mais en dehors de Bucarest, il y a des centaines de villages de gitans sédentaires, des villages de gitans chaudronniers, de gitans artisans, etc.Nous, on était dans un village de gitans musiciens. Quand on a annoncé à notre équipe de techos roumains qu’on allait tourner chez les tanges, ils nous ont tous dit: «Non, mais oh, ça va pas non? Ils en ont rien à foutre de rien ces gens-là… Ils vont nous voler, et puis ils violent les femmes, ils violent même les hommes.» En fait, ça c’est plutôt bien passé. Quand tu vas dans un pays comme ça, t’es un peu le colon censé avoir pitié. Je sais que ça fait un peu gay/hippie de dire ça, mais ce village nous a vraiment marqué.
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À un moment, ces deux-là nous ont pris à part et nous ont parlé tout doucement, tout gentiment, pendant un long quart d’heure. Nous, on ne comprenait rien, on écoutait par politesse. Le traducteur, mort de rire, nous explique: «Ils viennent de vous dire que l’Apocalypse arrive, que les Anges de la fin du monde vont descendre sur terre, que les trompettes de Jericho vont bientôt sonner et qu’on va tous mourir…» Ils ont freestylé sur ça pendant une plombe. En fait, chez les tanges, y’a des communautés super évangéliques, complètement illuminées.
Elle, c’est une sorcière, la veille du tournage. Elle nous dit: «Je vais vous préparer un truc pour que tout se passe bien.» Le lendemain matin, il pleuviotait et moi pour rigoler, je vais la voir et lui dis: «Alors? Ça n’a pas trop marché hein?» Elle m’a répondu de ne pas m’en faire. Une heure après, les nuages se sont dissipés. Il a fait beau toute la journée.
Je voulais tourner là, mais le mari venait de mourir, tout le monde était en deuil, c’était hyper bad trip dans la maison, et il y avait ce tracteur dans le jardin, étrange.
On n’a pas vu beaucoup de jeunes dans le coin. J’ai entendu des histoires, tous les jeunes qui sont un peu beaux gosses, ils leur filent un peu de pognon pour bien les saper et ils les envoient en Allemagne pour qu’ils se trouvent des vieilles riches. À un moment donné dans le clip, y’a une scène de galoche. Au début, je voulais une autre fille que celle qui est finalement dans le clip. Super mignonne, elle était hyper partante pour rouler des pelles et tout, mais aucun des garçons ne voulait l’embrasser. En fait, elle avait déjà sucé tout le village, donc ils avaient honte de l’embrasser en public.
Toutes les filles passaient tout le temps devant nous pour qu’on les prennent dans le clip. Elles se changeaient toutes les deux secondes. Elles arrivaient avec une tenue et, hop, deux minutes après, on tournait la tête et elles étaient encore là, l’air de rien, avec une nouvelle tenue genre branchée de Melun. L’idée de départ du film, c’est une histoire de rouquin, je voulais tous les teindre en roux, mais c’était pas possible par rapport au budget… Quand je l’ai vue, elle, j’ai flashé direct, une petite rousse… Toutes ses copines étaient complètement jalouses qu’elle soit dedans et pas elles… Je garde cette idée de rouquin pour mon prochain film.
