Photo: Ben Rayner
L’Europe du Nord est blindée d’émissaires de Satan et pourtant, il est presque impossible de trouver un bon groupe de metal en France ou en Grande-Bretagne. Anaal Nathrakh, un duo de Birmingham, fait figure d’exception. Leur projet studio, déjà terrifiant, s’est récemment transformé en live cauchemardesque, avec la collaboration de gens tels que Shane Embury de Napalm Death, ou Attila Csihar, le légendaire chanteur de Mayhem. Anaal Nathrakh n’accorde presque jamais d’interviews mais on a réussi à convaincre Dave Hunt aka V.I.T.R.I.O.L. de nous adresser la parole.
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Vice: Comment se fait-il que vous soyez sapés normalement? Où sont vos costumes de cadavres?
Dave Hunt: J’en sais rien moi, est-ce que les gens écoutent du metal parce qu’ils aiment la musique ou parce qu’ils veulent expérimenter un truc genre le côté maléfique de Conan? Nous, on est un peu plus orienté «vraie vie», donc les déguisements, ça ne nous paraît pas super approprié.
Les Anglais sont plutôt bons pour sortir des groupes de punk ou de rock dur, mais niveau black metal ça n’a jamais été trop ça…
Le black metal est trop exubérant pour les britanniques. La plupart des Anglais se sentirait con une fois maquillés en cadavre. On préfère se contenter d’acheter des CD et d’aller à des concerts de temps en temps.
Vous utilisez souvent le mot «Necro», c’est parce que vous êtes fans de Darkthrone ou rien à voir?
On n’utilise plus tellement ce mot maintenant. C’était histoire de montrer qu’on était vraiment lié au black metal même si on ne cherchait pas à l’incarner. Après notre première démo, on a arrêté de se prendre la tête avec tout ça, on a juste fait ce qu’on avait envie de faire. Récemment on a joué en Europe avec Extreme Noise Terror, c’était vraiment super bien.
Vous pensez quoi de la récente popularité du black metal ricain?
Ben, je trouve que Xasthur n’est qu’une pâle imitation de Burzum avec trop de réverbe, et que Deathspell Omega est vraiment chiant. Je ne cherche pas à être critique pour le plaisir ou à beefer qui que ce soit mais faut être honnête…
Vous disiez que vous ne feriez jamais de live. Qu’est-ce qui s’est passé?
J’aime vraiment pas les lives sans vraie batterie. C’est impossible quand on fait ce genre de musique. Mais Radio 1 nous a demandé de faire une session. On s’est dit qu’on pourrait essayer si on avait un groupe complet. On n’avait aucune idée de ce que ça donnerait avant d’aller répéter en studio. On a été super content du résultat.
Vous pensez quoi des hipsters qui s’approprient l’iconographie black metal?
Euronymous dirait qu’il faut les pendre. Personnellement, je m’en branle. Si t’aimes le groupe, si le T-shirt te plaît, vas-y, porte le. Si tu le portes pour une raison débile, qui n’a rien à voir avec ta personnalité, alors tu es juste un putain de mytho. \
Pourquoi vous n’imprimez pas vos lyrics dans vos livrets, trop hardcore?
On ne les imprime pas, un point c’est tout.
Vous avez déjà brûlé une église ou un arrêt de bus? Un truc? Et le satanisme, Gorgoroth a l’air de continuer à aimer ça?
Je suis athée et pas vraiment fan des religions organisées, mais rien ne me fera jamais aller brûler une église. Je trouve que les églises sont des édifices remarquables.
Si vous pouviez collaborer avec n’importe quel artiste de black metal vivant, mort ou incarcéré, ce serait qui?
Massona ou Whitehouse. Ce sont eux qui m’ont fait le plus trembler récemment, et si on s’associait à eux, ça donnerait un truc genre: l’Horreur.
«Eschaton» d’Anaal Nathrakh est sorti sur Feto Records/La Baleine