À part l’apartheid

Au dernier ralliement du Shell House de Johannesburg, un partisan de l’IFP repose, mort, à côté du QG de l’ANC. Les chaussures de la victime lui ont été retirées, selon la coutume, pour faciliter son chemin jusqu’à l’au-delà.
La première élection présidentielle post-apartheid d’Afrique du Sud va finalement avoir lieu. Pour mettre l’emphase sur l’importance, à leurs yeux, de tout le processus, les citoyens se sont lancés dans une ­guerre civile et se sont mis à se massacrer les uns les autres en son honneur. Les analystes politiques affirment que Nelson Mandela et son parti, l’African National Congress, vont obtenir 70 % des suffrages, laissant la vingtaine d’autres partis se disputer les 30 % restants : pour les blancs violents, le Afrikaner Resistance Movement ; pour les nationalistes zulu frustrés, le Inkatha Freedom Party (IFP) ; pour les désespérés purs et simples, le National Party sortant. Mais assez de ce blabla de faits et de chiffres. Venons-en vite aux tueries !

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boerewors veldt

On comprend qu’une grande partie de la population blanche ait décidé de s’exiler au Zimbabwe, l’ancienne colonie britannique, qui présente plutôt pas mal depuis que le nouveau président Robert Mugabe s’est emparé du pouvoir. Ce pays a bien vécu sa transition d’un pouvoir blanc à un pouvoir noir, mais rien n’indique que le puissant Mandela parviendra à mettre de l’ordre dans le chaos total que la transition démocratique a créé en Afrique du Sud. Aujourd’hui, à moins d’un mois du ­passage aux urnes pour l’élection présidentielle, il est plus probable que Mandela sera balancé dans l’immense fosse qu’ils creuseront pour planquer le reste des corps.

L’ANC a eu des échanges réguliers de coups de feu avec les loyalistes zulu, qui voudraient abolir la Constitution actuelle dans son intégralité. Ici, un chef zulu vise des partisans de l’ANC qui manifestent autour de Durban.
Les partisans de l’ANC et du Parti communiste s’enfuient alors que la police leur balance des bombes lacrymogènes et tire sur des gens en deuil à Soweto. Les soldats gouvernementaux sont de plus en plus surpassés en nombre lors des fréquentes flambées de violence, et, avec l’élection présidentielle qui s’annonce, on peut craindre que quel que soit le parti qui prendra le pouvoir, il ait à faire face à de sérieuses responsabilités.
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