Culture

Les abeilles, ces artistes sous-estimées

Aganetha Dyck place des objets abandonnés dans des ruches et laisse les abeilles faire tout le travail.
31 mai 2016, 7:02am
All images courtesy of Peter Dyck

Ne vous méprenez pas : ces figurines n’ont pas été ciselées ou imprimées en 3D. Elles sont l’œuvre de la nature. Enfin, plus exactement des architectes les plus efficaces qui soient de la faune : les abeilles. L’artiste canadienne Aganetha Dyck utilise leur talent à son profit depuis plus de vingt ans. Les pièces de Dyck sont à l’image de l’évolution de la création contemporaine, où les avancements technologiques nous permettent de manipuler la nature à l’envi. Le profond intérêt de Dyck pour les objets à collectionner se reflètent dans son travail personnel. Figurines, casques, chaussures, équipement sportif, tout y passe.

Comme Dyck le raconte à The Creators Project, « Choisir des équipements sportifs est une réaction aux médias discutant de l’importance du sport et de son financement public contre les artistes et professionnels de la culture et leurs subventions. » Dyck explore ainsi la relation entre nature et humanité. Ses sculptures incarnent cette dépendance.

Dyck a délibérément choisi des objets d’occasion et couvert des zones bien précises pour attirer les abeilles. « Au cours de mon travail avec les abeilles, j’ai découvert leurs méthodes de construction et leur capacité à combler les trous et les crevasses des ruches avec du miel, de la cire et du propolis. » Une pratique qui requiert beaucoup de patience et de compréhension des espèces. « Ma patience est due aux abeilles elles-mêmes. Elles ont une routine, elles ne doivent pas être dérangées. »

Ces pièces font finalement écho au consumérisme des sociétés occidentales, où l’on abandonne des objets cassés sans prendre le temps de les réparer. Où l’on oublie les notions de patience et de compréhension.

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