
Quelles sont les conséquences des milliers d’heures de dessins animés que nous avons pu ingurgiter ? Et que faire de toutes ces connaissances télévisuelles inconvertibles en capital culturel ? Heureusement, les Video Hippos (Kevin O’Meara à la batterie, et Jim Triplett à la guitare) ont décidé d’approfondir la question. Ils ont passé des heures dans les salles obscures du département audiovisuel de l’Université Georgetown de Washington avant de s’installer à Wham City (Baltimore) pour y produire une pop hyperactive destinée à ceux qui aiment leur musique servie avec un supplément de visuels qui tuent. On a discuté avec Kevin au lendemain de la fin de sa tournée.
Vice : Alors, ça va pas trop te manquer, les filles faciles et la cocaïne à l’œil ?
Kevin : Non, c’était juste crevant. On a tourné avec Dan Deacon, mais il ne s’est rien passé d’incroyable. Il y a seulement eu un soir assez étrange. Le backstage était bondé, et tout le monde s’est mis à jouer de la musique, à improviser avec n’importe quoi, ça avait un côté tribal, il y avait même des gens qui psalmodiaient.
Tu as une hygiène de tournée ?
Je fais beaucoup d’étirements et du yoga, enfin juste quelques poses, les trucs de base. J’essaie aussi de ne pas trop boire et j’évite le café.
Vous êtes beaucoup influencés par l’imagerie des années 1980 ?
On était jeunes, on ne comprenait pas vraiment ce qui se passait, on trouvait juste ça cool, et on aimait les visuels flashy. Maintenant on essaye de donner un sens à tout ça, à l’explosion de la culture pop.
Tu parles comme un mec qui vient de sortir d’une école d’art…
Pas vraiment. C’est juste que je me suis intéressé à la vidéo en m’installant à Baltimore.
Raconte…
J’ai vécu dans un entrepôt avec deux cents autres artistes…
Deux cents artistes les uns sur les autres…
On organisait des performances, et le propriétaire nous a grillés. On a essayé de continuer discrètement mais on a dû abandonner. C’est dommage, c’était vraiment cool, même s’il était impossible de dormir. Il y avait toujours au moins un mec occupé à faire du bruit.
Ça ressemble un peu à la conception que j’ai de l’enfer, ce que tu décris.
Je me souviens d’une fois où j’étais sur le point de m’endormir et où deux potes à moi ont débarqué avec tous les piliers du bar où ils traînaient. Ils ont fait un combat de boxe. Il y avait quarante personnes en cercle en train de hurler. Moi, j’étais pas un fouteur de merde. Enfin si, il y a quand même une fois où j’étais complètement défoncé et où je gueulais des trucs au milieu de la nuit. Dan (Deacon) voulait entrer dans l’appartement mais on avait la flemme d’aller lui ouvrir. Lui, il continuait à frapper à la porte, alors je lui ai dit que s’il voulait entrer il n’avait qu’à passer à travers. Il a attrapé un climatiseur et il a défoncé la porte.
L’album Unbeast the Leash de Video Hippos est sortie sur Monitor Records
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