George :
Videos by VICE
George : Pour en revenir à la reprise des Stone Roses, on ne peut pas oublier le fait que nous sommes anglais avant tout et cela serait de toute façon trahi par notre musique. Mais on n’essaie rien de particulier, il se trouve que c’est comme ça, nous avons absorbé un héritage.
George : On nous a résumés à de jeunes punks fous car il n’y avait personne d’autre qui fasse l’affaire dans cette catégorie pour les médias à l’époque. Mais pour être honnête, ils n’avaient que cette fameuse lettre stupide à se mettre sous la dent et c’est ce qui a justifié de nous ranger dans cette catégorie. Mais j’ai une opinion quelque peu différente, nous aimons lire des livres, nous préférons un bon vin à aller descendre des bières dans un pub…
Vous n’avez pas non plus de crête rouge.
George : J’en ai eu une mais à 15 ans ! Encore une erreur de jeunesse bien naïve.
Là, vous n’êtes que deux mais comment vous définiriez ce qu’apporte chacun au groupe ?
George : Chacun possède ses propres influences mais dès qu’il s’agit du groupe, on tombe sur un truc commun.
Henry : On en revient à cette notion de groupe anglais, c’est vraiment notre fondement.
George : Il y a beaucoup de groupes que j’adore et qu’Henry n’aime pas. Mais dès qu’il s’agit de notre propre musique, je dirais que tout vient d’un goût commun, on est généralement d’accord. Il y a bien sûr eu des points de désaccord mais rien de bien grave.
Vous avez aussi réalisé une reprise de Requiem de Killing Joke, ça fait partie des références qui vous rassemblent ?
George : C’était une influence énorme pour nous à l’époque de notre premier album, et tout spécialement Geordie, leur guitariste. Leur énergie, leur agressivité que tu ne prends pas en pleine figure mais qui est pleine de sens. Tout ça nous a inspirés.
Leur leader Jaz Coleman est aussi un gars plutôt imprévisible.
George : Il fait partie de ces gens très doués, il peut jouer avec un orchestre classique, soigner des arrangements. C’est marrant car je suis sûr que pas mal de gens prennent Killing Joke pour un simple groupe punk aussi. Alors que c’est sont des gars très doués et très intelligents.
Vous aussi, vous avez déjà évolué entre vos deux premiers albums, comment vous définiriez ce changement ?
Henry : Notre premier sonnait effectivement un peu plus lourd. Pour le deuxième, quand Goldie (Mark Goldsworthy, guitare), a commencé à composer, il a vraiment voulu faire évoluer son jeu, les ambiances et il a tenté des choses en cherchant où ça allait nous mener. Il nous a beaucoup fait gagner en dynamique.
George : En même temps, les fans sont les mêmes partout où on va. Nous-mêmes restons les mêmes et le public reste le même. Les goûts des gens se ressemblent un peu partout dans le monde, en particulier si tu aimes tels types de musiques, cela dépasse les frontières. Mais c’est vrai que c’est exceptionnel pour des groupes étrangers de jouer en Angleterre, c’est étrange quand tu y penses. J’aimerais qu’il y ait plus d’artistes européens qui viennent jouer chez nous. On a eu un groupe berlinois qui est venu jouer avec nous et c’était cool.
Comment vous-sentez-vous dans le paysage musical actuel ?
George : Je nous trouve plutôt isolés par rapport aux autres groupes, spécialement ceux qui sortent juste de l’underground. Il y en a plein, ils sont propres sur eux, on dirait qu’ils ont peur de dégager une émotion. Sinon, il y a quelques très bons groupes que j’apprécie, qui jouent très bien, mais qui resteront underground. Cela est dû à l’industrie qui ne mise que sur les groupes sûrs, quitte à ce que ce soit des trucs fake. C’est un truc auquel nous pensons pour Eagulls, nous ne ressentons pas le besoin de sortir de la scène underground. C’est étrange d’être vus à tel endroit où nous ne devrions peut-être pas nous trouver mais en même temps, j’aime ça car offrir notre musique à des gens qui n’auraient pas eu l’occasion de nous connaitre, c’est le sens même de la musique. Exposer notre musique au plus grand nombre, sans se la jouer snob ou dans son coin. Si seulement les gens de l’industrie musicale s’intéressaient aux « vrais » et les poussaient vers les sommets…

Tu parles de tous ces groupes qui font du revival 60’s depuis des années avec la Rickenbacker qui va bien ?
George : On adorerait avoir une Rickenbacker si on avait les moyens !
Passons à la vraie chose sérieuse : pour ta voix et les ambiances, vous n’échapperez pas aux comparaisons avec Robert Smith, surtout en France où The Cure est toujours énorme.
George : C’est dû à la fréquence de ma voix. On nous dit régulièrement qu’on sonne comme The Cure. Puis qu’on sonne comme les Smiths. Alors que bon, il n’y a pas trop de rapport entre eux. Autant je comprends par rapport à ma voix, autant je comprends moins pour la musique.
On peut comprendre par rapport à l’atmosphère que vous dégagez.
George : Là c’est super si on nous parle d’atmosphère car The Cure est une influence énorme pour nous. Mais pour l’atmosphère que le groupe dégage, pas pour leur son. En même temps, toute cette histoire d’influences me fait rire. C’est chouette si les gens comprennent que ces gens nous influencent car nous avons grandi en les écoutant. Mais nous avons aussi mis beaucoup de nous, et j’aimerais penser que nous sommes quand même originaux.
Par ailleurs, vous êtes signés sur un label américain, c’est un choix de votre part ?
George : Comme tu le sais, nous avons donc eu la chance d’aller jouer à SXSW à Austin. Notre premier album était alors fini mais pas encore sorti. En un sens, c’était un peu notre dernière chance ce truc d’aller jouer en Amérique. D’ailleurs moi, je ne voulais pas. Et tous les autres ont dit : « on y va, on verra bien ce qui arrive ». On a joué là-bas, et puis d’autres concerts, et on a rencontré Tim du label Partisan Records qui a aimé l’album et nous a proposé un contrat. Depuis, le label nous laisse une entière liberté. C’est plutôt rare et c’est une sacrée chance.
Vous n’aviez aucune touche avec des labels anglais ?
George : On a eu un peu d’intérêt suite à des concerts mais on a tellement joué avant de faire un disque qu’ils ont laissé tomber.
Donc au final, vous diriez que SXSW a été important pour vous ?
George : Beaucoup de groupes viennent pour rencontrer plein de monde, mais pas nous. On est venus car il y avait cette opportunité. On pouvait jouer en Amérique où on ne jouerait peut-être plus jamais, et ça s’est fini avec un contrat. En 2013, on est aussi allés jouer au Mexique, c’était marrant aussi. On nous a proposés de jouer au NRMAL Festival de Monterrey et ça a été une sacrée expérience.
Vous y êtes tombés sur des fans de Morrissey ?
George : Ah non, mais on a vu des trucs étranges là-bas. Pour le coup, on est un peu des punks pour eux. Tous les groupes du festival résidaient dans le même hôtel, c’était une bonne expérience. L’un des groupes s’est aventuré à l’extérieur et à quelques blocs de là, les gars sont tombés sur la police qui tirait sur quelqu’un dans une voiture. Ça arrive tous les jours apparemment. C’est plutôt dur.
Ça vous ferait passer Leeds pour un petit paradis.
George : Je ne décrirais pas la ville comme ça.
C’est comment l’ambiance chez vous ?
George : C’est la merde en Angleterre. Si tu as de l’argent, tout va bien. Sinon, t’es foutu. Et ça ne devrait pas marcher comme ça. C’est tellement injuste. Le pays est dirigé par des enfoirés depuis tant d’années…
Le nouvel album de Eagulls, Ullages, sort demain 13 mai sur Partisan Records / PIAS.
Pascal Bertin ne parle pas à sa boulangère mais il est sur Twitter.
More
From VICE
-

The Good Brigade/Getty Images -

Photo by Robert Kamau/GC Images -

Screenshot: Riot Games -

Photo by Todd Owyoung/NBC via Getty Images