Hussein Chalayan

Vice : Vous êtes le genre de designer qui s’isole pour méditer sa collection, ou vous êtes plus dans une approche par tâtonnements ?
Hussein Chalayan :
Donc une partie de votre boulot consiste à méditer tout seul dans le noir ?

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En ce qui concerne l’aspect stylistique, vous êtes crédible en tant qu’artiste, mais vous vous pliez aussi aux ­exigences du calendrier, des acheteurs, des journalistes mode et des banquiers. Comment vous parvenez à concilier ces deux aspects ?
Vous travaillez les matières qui sortent du commun, le bois, la mousse d’acétate. Est-ce qu’il y a un matériau que vous rêvez d’utiliser, mais vous n’y êtes pas encore parvenu ?
À quoi ressemble votre studio ? À une sorte de cabinet de curiosités technologiques ? Je crois que les gens s’attendent à ça, vu l’usage historique que vous faites de techniques étranges.
Vous avez ça en commun avec de nombreux stylistes, il me semble. On pourrait être porté à croire que vous êtes hyper stylisé dans le moindre aspect de votre vie.
Mais à l’évidence, ça ne remet pas en question votre utilisation de la technologie. Qu’est-ce qui vous incite à en faire un usage si poussé ?
Il y a des designers qui se servent de la technologie en dépit du bon sens, selon vous ?
On vous connaît aussi pour vos défilés peu orthodoxes. Quand vous dessinez un modèle, est-ce que vous prenez en compte la façon dont les gens vont faire l’expérience de vos vêtements ?
Vos créations semblent aussi suggérer une obsession pour le corps humain – comment il réagit, évolue dans l’espace… Vous avez une muse ?
Vous lisez les commentaires sur vos collections ?
Qu’est-ce que vous voulez dire ?
À ce propos, vous avez quand même l’air pas mal occupé. Vous êtes le directeur artistique de Puma et de vos propres lignes, mais vous faites aussi des installations, des projets d’art contemporain…
Est-ce que toutes ces choses sont indépendantes les unes des autres ?
Vous êtes une machine.
Comment vous gérez ça ?
Vous avez grandi à Chypre et à Londres. Cette dualité pourrait expliquer celle-là.
Où vous sentez-vous chez vous ?
Qu’est-ce qui vous plaît tant à Londres ?
Vos parents sont de Turquie, ce qui vous fait rentrer dans la catégorie très restreinte des stylistes provenant du Moyen-Orient. Ça vous met la pression ?
La religion n’a aucune influence ?
À qui on pourrait vous associer, alors ?
Vous avez dédié votre collection de l’automne 2010 à Alexander McQueen, que vous considérez comme un pair. Vous avez deux esthétiques et approches très différentes. Vous pouvez nous parler un peu de la relation que vous aviez avec lui ?
Vous vous admiriez mutuellement ?
rires Sa mort vous a beaucoup attristé ?
Euh, de l’autre côté du spectre, il y a Lady Gaga. Vous la connaissez, de toute évidence.
rires Vous pensez que ça vient d’où ?
Vos dernières collections sont des créations assez bizarres : par exemple, celle inspirée du bunraku – le théâtre de ­marionnettes japonais. Vous faites quoi de votre temps libre ? Vous appuyez sur le bouton « random » de Wikipédia ?
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