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Greta Thunberg

Regardez « Make the World Greta Again », notre documentaire sur le climat

Nous avons suivi Greta et les organisatrices de la grève scolaire pour le climat avant leur première manifestation internationale, qui s’est tenue le 15 mars 2019 et qui a rassemblé jusqu'à 1,6 million d'étudiants dans plus de 125 pays.

par VICE Staff; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
24 Mai 2019, 11:51am

À l'âge de 15 ans, Greta Thunberg a compris que notre planète était en train de mourir et a décidé d’agir. Un vendredi d’août 2018, la jeune fille a séché l'école et a organisé une manifestation solo pour le climat devant le parlement suédois. Elle a réitéré tous les vendredis suivants afin que les gens prennent conscience de l’ampleur du problème, non seulement dans son pays d'origine, mais partout en Europe.

Cette action toute simple a eu un effet boule de neige et a inspiré Fridays for Future, un mouvement international où des centaines de milliers d'élèves du monde entier quittent leur école le vendredi et descendent dans la rue pour demander aux gouvernements de prendre conscience qu’il faut sauver notre planète de l'extinction massive.

Bien qu'il s'agisse d'un mouvement international, chaque pays a suivi sa propre voie, avec ses propres dirigeants qui mettent sur pied des groupes climatiques locaux, axés sur les étudiants, qui poussent leurs gouvernements à leur façon. Mais le point commun à tous ces mouvements est qu’ils sont dirigés par des jeunes femmes. En Allemagne, Luisa Neubauer, 22 ans, a été le point central des manifestations qui se sont étendues à environ 186 villes allemandes. En Belgique, Anuna De Wever, 17 ans, est le visage et la porte-parole du Mouvement des jeunes pour le climat de son pays, qui a vu les manifestations passer de 7 000 à 35 000 personnes en quelques semaines seulement. Et au Royaume-Uni, Anna Taylor, 17 ans, a co-fondé le Student Climate Network, le groupe chargé de coordonner les principales manifestations.

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Image tirée du documentaire VICE

Tant de jeunes femmes à la tête d'un mouvement mondial qui définit l'avenir, c’est l'une des choses les plus importantes qui sont ressorties de « Friday's for Future ». C'est pourquoi, dans le cadre de notre nouveau documentaire « Make the World Greta Again », nous avons suivi Greta et les organisatrices de la grève scolaire pour le climat avant leur première manifestation internationale, qui s’est tenue le 15 mars 2019 et qui a rassemblé jusqu'à 1,6 million d'étudiants dans plus de 125 pays.

Nous avons découvert comment ces jeunes femmes ont coordonné leurs efforts depuis différents pays et comment elles ont traité avec des politiciens condescendants qui semblent se soucier davantage des salles de classe vides que d'une extinction complètement évitable. Malheureusement, ces femmes intelligentes qui n'ont pas peur de dire ce qu'elles pensent sont obligées de supporter beaucoup de choses. « Bien sûr que je reçois beaucoup de haine, nous dit Greta. Il y a des gens qui passent tout leur temps à essayer de répandre des rumeurs et des mensonges, et à omettre des informations. Ils traitent Luisa très mal et inventent des rumeurs sur elle – c'est absurde. »

« Personne ne peut vous préparer à toute la haine que vous recevez, raconte Luisa. Quelqu'un a mis toutes les photos de mon compte Instagram sur Twitter, et a calculé mon empreinte de CO2 apparente parce que j'ai déjà pris l’avion dans le passé. Je me sens un peu nue parce que je sais que les gens essaient de trouver des choses sur moi qui sont fausses, mais je n'ai aucun moyen d'interférer. »

En réponse, Luisa a mis au point plusieurs façons de repousser la violence afin de pouvoir se concentrer sur son activisme. « Une chose importante que j'ai vite apprise, c'est que certaines personnes me détestent catégoriquement, quoi que je dise, explique-t-elle. Elles m'accusent de faire ça juste pour avoir des followers sur Twitter. J'ai accepté l’idée que je ne pouvais pas les atteindre, et depuis, c'est beaucoup plus facile pour moi de me concentrer sur d'autres choses. »

Mais les abus vont beaucoup plus loin que le simple troll. « Je reçois beaucoup de menaces de mort et de viol en ligne, raconte Anuna. C'est si triste. Les gens essaient de trouver quelque chose à détester parce qu'ils ne veulent pas ouvrir les yeux sur ce que nous faisons vraiment. »

Malgré ce déferlement de haine, Greta, Anuna et Louisa restent toutes remarquablement positives. « C'est bon signe que les gens nous voient comme une menace, dit Greta. Cela veut dire que le débat avance. »

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