

David Lester est suicidologue. Ça signifie qu’il a bâti sa carrière de chercheur sur les deux activités les plus déprimantes du monde, le suicide et la sociologie. David est formel : le suicide coûte des milliards de dollars par an. On lui a demandé de nous expliquer pourquoi. Le problème, quand on discute avec un type obnubilé par la mort, c’est qu’on finit complètement déprimé. Merci pour ce super après-midi, David.
Vice : Parlez-nous des conséquences économiques du suicide.
David Lester : Les chercheurs évoquent des coûts considérables : perte de productivité, frais liés aux funérailles… J’étais sceptique. Je pensais que les suicidaires, généralement des marginaux, représentaient plutôt une dépense pour la société. Ne serait-ce que pour le suivi psychiatrique. Et la majorité d’entre eux n’auraient certainement pas atteint un haut niveau de revenu s’ils étaient restés en vie. Avec ma femme, l’économiste Bijou Yang, on a creusé le sujet. Nos conclusions l’ont mise assez mal à l’aise.
Justement, que deviennent ceux qui survivent ?
J’ai parlé avec quelques spécialistes des adolescents qui font des tentatives de suicide. Ils m’ont dit que la plupart réussissaient à s’en sortir, mais qu’un certain nombre était condamné à suivre un parcours chaotique sur le plan psychiatrique. On ne peut pas le prédire.
D’où vient votre passion ? Votre père faisait des imitations d’Émile Durkheim ?
Je suis né à Londres en 1942. Pendant les trois premières années de ma vie, j’ai dormi tous les soirs dans un abri antiaérien. Peut-être que mon intérêt pour la mort date de cette période. J’ai consacré ma carrière à étudier le suicide, le meurtre et la vie après la mort. La suicidologie est venue par hasard, alors que j’étais en premier cycle à Cambridge. Je suis tombé sur un exemplaire du livre Clues to Suicide, qui avait été annoté par une personne visiblement suicidaire. Ça m’a ému. Quand je suis arrivé aux États-Unis pour mon doctorat, j’ai choisi d’étudier le suicide.
Et votre travail sur la vie après la mort, de quoi s’agit-il exactement ?
Je me suis surtout concentré sur les expériences de mort imminente et sur la réincarnation parce qu’il y avait beaucoup de documentation disponible sur ces questions. Le problème des recherches sur la vie après la mort, c’est qu’elles dépendent de notre culture d’origine. En Inde, on ne parle pas des E.M.I. de la même manière que les occidentaux.
Vraiment ?
Oui. Ma mère fait du spiritisme. Un de ses amis décédé lui est apparu par un médium, et il lui a appris qu’il avait pu continuer à exercer sa profession de l’autre côté.
Donc la vie est merdique même après la mort.
Tu t’imaginais qu’être mort consistait à boire du champagne au Paradis ? En fait, non. Tu dois toujours te lever pour aller travailler le lundi matin.
ALEX HUGHES



Le fumeur de crack est un être pathétique. Mais le crackhead colombien est sûrement le plus pathétique représentant de l’espèce. La prochaine fois que vous vous promènerez dans les rues glauques du centre de Bogotá, passez par la Plaza de Toros de Santamaria. Vous verrez que les briques des murs du monument dédié à la corrida, situées à hauteur d’homme, sont concaves, très abîmées. L’érosion naturelle ? Le travail des éléments ? Pas vraiment. C’est la faute des accros au bazuco, un mélange de résidus de crack et de poussière de brique. Les fumeurs qui sont trop pauvres pour acheter du vrai crack fument de la brique mélangée à des restes de pipe. Et les monuments de menacer de s’écrouler, la ville de s’effondrer autour d’eux.
Le bazuco est une poudre dont la couleur va du marronnasse au jaunâtre selon sa puissance. On l’achète emballé dans une cocotte de papier, comme la coke. Cette enveloppe ergonomique s’appelle une felpa et contient généralement un demi-gramme. Le susto est le nom le plus répandu du bazuco, dans la rue. Ça veut dire « peur » en espagnol, et c’est l’effet secondaire le plus connu du bazuco. Avec quelques taffes, vous vous retrouvez gravement défoncé, un peu comme avec le crack, puis vos yeux commencent à trahir la folie qui bouillonne à l’intérieur, et votre cerveau se met rapidement en mode flippe, option terreur. Là, vous vous retrouvez dans une sorte de cauchemar, un état de paranoïa absolue. Les seules choses que vous ressentez, alors, sont cette peur terrible et le besoin pressant d’en reprendre. Rafael Uribe est un célèbre acteur colombien qui a bien abusé du bazuco, dans le temps. Aujourd’hui, il est clean, mais il s’en souvient bien.
Vice : Alors comme ça, les immeubles s’écroulent à cause des gens comme toi. Pourquoi ? C’est si bien que ça, le bazuco ?
Rafael Uribe : Pas du tout. Ça rend méchamment parano. Je me souviens, je couvrais toutes les fenêtres de mon appartement parce que je croyais que j’avais le D.A.S. (les stups colombiens) sur le dos. Leurs bureaux étaient à dix rues de chez moi et j’étais persuadé qu’ils m’espionnaient. En fait, le D.A.S. en avait après Pablo Escobar à l’époque, mais j’étais convaincu que c’était moi qu’ils allaient serrer. Du coup, je m’enfermais à clef et je restais caché dans mon armoire pendant des heures. Et je fumais. J’ai failli brûler tous mes vêtements comme ça. Mais il n’y avait pas moyen que je sorte de cette armoire. Il n’y avait que moi et le susto, bien à l’abri.
Sympa. Et sinon, il y a des effets négatifs ?
La trouille qu’on peut ressentir entre deux cigarettes dépasse l’entendement. Quand tu en fumes une, tu es déjà en train de t’en rouler une autre. Tu as tout le temps envie de chier et tout le temps envie de baiser, mais tu ne peux pas bander. Tes pensées défilent à toute vitesse et tous les bruits sont amplifiés. Ça crée un état de panique constant.
Et quelle est la pire chose qui te soit arrivée ?
Je me souviens d’une fois, quand je me suis réveillé, j’ai réalisé que j’avais donné de l’aguardiente et du susto au perroquet de mon cousin. Ça l’a tué. Depuis, je suis devenu un défenseur des animaux.
Je ne pourrai jamais me pardonner ce que j’ai fait.
FEDERICO URDANETA
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Si vous pensiez qu’on allait tous crever à cause du réchauffement, vous aviez tort : on n’attendra pas aussi longtemps. La fin du monde est pour 2012. On le sait grâce à une poignée d’Indiens qui vivaient il y a plusieurs millénaires. Le calendrier qu’ils ont créé prend fin dans quatre ans. Robert Bast, expert en cataclysmes, auteur du site/blog très populaire, « Survive 2012 », nous a raconté l’apocalypse imminente…
Vice : Qu’est-ce qui va se passer en 2012 ?
Robert Bast : Les Mayas de l’Antiquité étaient très en avance. Leur calendrier s’interrompt en 2012. Je m’attends donc à quelque chose de catastrophique. Je m’intéresse aux désastres scientifiquement prévisibles, à tout ce qui a trait à l’environnement, au champ magnétique terrestre, aux pôles, à l’alignement galactique, au soleil, aux supernovas et aux comètes. Et puis il y a les extraterrestres. Il se pourrait bien qu’ils aient dit aux Mayas : « On se revoit en 2012. »
Tu penses que ces extraterrestres sont hostiles ?
Sûr qu’ils étaient en contact avec les Mayas ?
Il y a des reliques historiques, comme la dalle d’un sarcophage, sur le site maya de Palenque, qui indiquent qu’il y a eu contact avec les extraterrestres dans les temps anciens. Beaucoup y distinguent un homme aux commandes d’un vaisseau spatial.
Laquelle des menaces que tu listes sur ton site est la plus réaliste ? Et si tout se passait en même temps ?
Le plus probable, c’est un déplacement massif des pôles qui causera des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des tsunamis, des tempêtes, et j’en passe. La combinaison de ces catastrophes peut mettre l’avenir de notre espèce en péril.
Ça s’annonce mal. Comment survivre ?
Il faudra te cacher. Trouve un endroit en Afrique ou en Australie (c’est là où il y a les probabilités les plus faibles d’éruption volcanique et de tremblement de terre), au moins un kilomètre au-dessus du niveau de la mer (pour éviter les tsunamis), sur une haute plaine (pour les glissements de terrain), et construis un bunker où tu pourras rester des années.
C’est quoi ta théorie sur les dragons et les licornes ?
Le cataclysme de 2012 s’accompagnera d’une grande exposition aux rayons cosmiques, vu que le champ magnétique terrestre va temporairement disparaître. Les rayons cosmiques peuvent provoquer des mutations massives, qui conduiront à des évolutions spectaculaires. Les licornes et les dragons existaient, ils résultaient de mutations provoquées par le dernier cataclysme. Il est envisageable qu’on se retrouve tous télépathes, avec la peau transparente et une corne sur le front.
À quoi ressemblera l’Angleterre, par exemple ?
Charles Hapgood estime que les pôles ont bougé sur 30 degrés de longitude lors des précédents déplacements. Il faut donc faire en sorte d’être à plus de
30 degrés de longitude du Pôle Nord ou Sud—sinon, on risque d’être congelé sur le champ, comme les mammouths en Sibérie. Il faut éviter les îles, à cause des tsunamis. Si tu veux vraiment rester en Grande-Bretagne, construis un bunker dans les Highlands. Tout en sachant que le meilleur bunker, c’est la Grande Pyramide d’Égypte.
Comment protéger nos locaux des cataclysmes ?
1) Il faut qu’ils soient hermétiquement clos. L’eau ou l’air pollué ne doivent pas pouvoir pénétrer.
2) Il faut qu’ils soient antiradiations. En gros, les murs et le toit doivent être très épais.
3) Il faut qu’ils soient imprenables : personne, de l’extérieur, ne doit pouvoir s’introduire dans le bâtiment ou le saboter. L’emplacement des bureaux doit rester secret et il faut se servir d’une fausse entrée.
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