Bob Nickas

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Live Free or Die: Collective Writings 1985-1999 Collection Diary Theft Is Vision Painting Abstraction Catalogue of the Exhibition Bob Nickas : Vice : Et donc, tu as inséré de nouveaux textes sur chacune des expos ?
Qu’est-ce que ça t’a fait de revenir sur ton passé comme ça ?
“My People Were Fair and Had Cum in Their Hair (but Now They’re Content to Spray Stars From Your Boughs),” 2003. Mon Dieu, dans combien d’histoires tu t’es retrouvé impliqué ?
J’imagine que c’est parce que le monde de l’art est plein de ces petits contentieux.
Et comment tu te sens au milieu de tout ça ?
indépendant Comment ça ?
Non, en effet. Je suis dans un petit appartement avec une chambre, rempli de bouquins, de magazines et de disques. Qu’est-ce que tu aurais pu faire pour habiter dans un immense loft avec des peintures sur chaque mur ?
Et qu’est-ce que ça veut dire, « se vendre » ?
Et ce n’est pas là qu’on trouve l’argent.
Tu pourrais pourtant choper des tableaux à des mecs que tu fais bosser, non ?
OK.
“Melvins,” 2003. “From the Observatory,” 2002. “Hunger for Words,” 1984. Je pourrais contribuer à cette vérité en disant que tu étais exactement comme ça lorsqu’on s’est connus il y a onze ans.
Pourquoi ?
Pareil pour moi. Si j’ai travaillé avec un photographe et que soudain, je dois passer par son agent, je ne bosse plus avec lui.
Ouais.
Et qu’est-ce qu’ils font, alors ? Ils vendent leurs boulots à de riches héritiers italiens et français ?
“The Art of the Real,” 1987. Reparlons un peu du livre qui retrace les expos dont tu as été commissaire.
King Kong Meets the Gem of Egypt J’aime bien parler des gens de cette génération.
Alors allons-y, parlons des perdants.
Blue Idiot Ah, ça veut dire que les gens qui mettent en vente une pièce augmentent le prix de 20 % pour conserver leur marge.
Et pourtant, Parrino était génial.
Ha !
Après que Parrino soit mort, je présume.
“Every Revolution Is a Roll of the Dice,” 2007. Évidemment, ça nous ramène à ce fameux lieu commun – un artiste vaut bien plus mort que vivant.
C’est une possibilité, connaissant son histoire.
Je crois que ce que je préfère, ce sont justement ses dernières peintures. Elles font même partie de mes peintures préférées tout court.
Donc, apprécier les derniers travaux de de Kooning est devenu l’apanage d’une certaine frange hip ?
Tu t’es souvent retrouvé à faire des ­courbettes aux collectionneurs pour qu’ils achètent un boulot auquel tu croyais ?
Combien de collectionneurs suivent ce qu’on leur dit et combien ont un véritable « œil » ?
C’est ce qui fait la différence entre un marché d’investissement et une passion, n’est-ce pas ?
C’est vrai.
“Pieces-Meubles,” 1995. Tu penses qu’ils ont ce privilège parce qu’ils alimentent le business avec leur argent ?
J’essayais juste de jouer l’avocat du diable…
Artforum C’est une bonne manière de voir les choses.
Ouais, j’ai lu un article fleuve sur eux dans le New Yorker.
En donnant cet argent, c’est comme s’ils faisaient une donation aux institutions et qu’ils achetaient leur silence par la même occasion.
Je crois que ce business a la capacité de vider de son sens toute forme de créativité.
Comment tu peux détester autant le business et faire ce métier ?
Donc tu n’as jamais pensé sérieusement à ouvrir une galerie ?
“Red,” 1986. Tout bien considéré, pourquoi as-tu choisi d’entrer dans le monde de l’art et d’en faire une carrière ?
Par exemple ?
Pourquoi ?
Ouais, c’est horrible de se dire ça.
C’est là où vont les grands de ce monde quand ils veulent acheter de l’art.
Pourquoi ?
Mais personne ne veut t’empoisonner.
De nos jours, l’art semble être sous la coupe des collectionneurs et des salles de ventes.
Parce qu’ils s’ennuient ?
Les gens riches aiment faire des caprices.
“Hex Enduction Hour by the Fall,” 2000. Je vais encore jouer le rôle de l’avocat du diable, mais dis-moi, en quoi c’est si grave ?
Theodor Adorno et Max Horkheimer l’ont dit il y a genre mille ans.
Adorno a aussi parlé des choix que les gens croient avoir en terme de culture. Tu sais, genre, pourquoi voir ce film au lieu de celui-là, alors qu’au final c’est la même chose. Ça ne parle pas que de business.
Tu pourrais juste dire ça pour te dédouaner, mais bon, continue.
Bien sûr. Maintenant dis-moi la raison pour laquelle tu en as marre du monde de l’art new-yorkais.
C’est la raison pour laquelle je voulais ­t’interviewer dans ce numéro !
Ouais.
Dis-moi…
Promis.
Que l’on a aussi interviewée dans ce numéro [ndlr : l’interview sera disponible en français sur viceland.com en décembre].
Bien sûr, Richard Kern l’a même prise en photo à poil pour illustrer l’interview.
Mmm, comment décrire l’expression que tu viens de faire ?
Arrêt du magnéto, la discussion continue pendant quelques minutes Je ne veux pas remuer la merde pour remuer la merde, mais ce que tu es en train de dire est important.
In Search of The Miraculous OK, ce sera dans l’interview.
Tu n’as pas l’impression d’être trop puriste ?
Oui mais il y a une part d’exclusivité dans ce qui a été fait par le passé. Un jeune de 21 ans aujourd’hui n’aurait jamais pu participer à une perfor­mance à Berlin en 1974. Mais il ­peut voir sa recréation. Tu ne trouves aucune valeur à ce genre de démarche ?
Est-ce qu’il y a un artiste qui use des techniques du marketing et qui arrive à t’intéresser ?
Dis-m’en plus sur la raison pour laquelle tu en as marre de New York. Tu me l’as dit des dizaines de fois ces six derniers mois.
Juste pour que ce soit plus clair, on parle bien de l’expo Greater New York au PS 1, dans laquelle tu étais impliqué…
Et ça a été le cas lorsque tu bossais au PS 1 ?
C’est courageux de faire ça de nos jours.
C’est marrant venant d’elle.
Tu feras des expos autre part ?
“Every Revolution Is a Roll of the Dice,” 2007. “Red,” 1986. “The Art of the Real,” 1987. Donc en gros, l’expo White Columns Annual sur laquelle tu es en train de bosser sera ta toute dernière à New York ?
Et tu es l’unique curateur ?
C’est Jerry Saltz ?
Et comment s’organise le travail autour de la White Columns ?
Tu n’as pas à dévoiler la somme exacte, mais quand et combien d’argent on te paie pour faire quelque chose comme ça ?
Et que se passera-t-il s’ils ne te paient pas ?
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