Sarah de Reading Rainbow a accepté de discuter avec nous cinq minutes, alors qu’elle avait plein de trucs importants à installer/reprendre/terminer pour son expo qu’elle présentait le soir même. Elle a quand mëme eu le temps de nous donner son opinion sur le journalisme musical d’aujourd’hui et aussi, répondre à ceux qui ont chroniqué le dernier album de cet excellent groupe de pop analogique semi-psychédélique.

Vice : Vous avez de bons retours sur votre dernier album sorti chez Hozac, Prism Eyes ?
Videos by VICE
Reading Rainbow : Ouais, on a de bonnes chroniques, dans l’ensemble on est plutôt contents. Mais il y a quand même des avis qui s’auto-contredisent, genre « Reading Rainbow fait la même chose que tout le monde, mais en mieux », tu vois. C’est un peu frustrant d’entendre ça, mais bon, on s’en fout au final.
Vous avez raison.
Les gens aiment trouver deux, trois similarités entre plusieurs groupes pour pouvoir les cataloguer dans un même genre. Après t’as vraiment une étiquette qui te colle à la peau, c’est horrible. Le terme « Lo-fi » a totalement perdu sa signification, tout le monde l’utilise à tout va. C’est comme une étiquette qui dirait « jeune groupe qui fait de la musique mal produite, comme les 687 derniers groupes à la mode ». Ça ne veut plus rien dire.
Il y a aussi le terme « indie » qui est particulièrement irritant.
Ah, ah, voilà, c’est ça. C’est débile d’ailleurs, dans la mesure où Prism Eyes a été enregistré en studio, c’est juste qu’on a tenu à ne pas avoir un son FM à la U2, tu vois. Ça arrange les gens de nous mettre dans une case.
Je crois aussi que les gens parlent de lo-fi dès que les chants sont dilués dans la matière sonore, au lieu d’être bien mis en évidence au dessus des instruments, genre « hé regardez, quelqu’un est en train de chanter là ».
C’est vraiment étrange cet inconscient collectif, je capte pas. Je capte pas trop ce que font les journalistes, de toute façon.
Et la chillwave, ça existe pour de vrai tu crois ?
Ah, ah, « chillwave », c’est le terme le plus naze que je connaisse. C’est vraiment devenu une maladie de créer de nouveaux genres musicaux.
Pas un cancer, mais genre, une grippe.
J’ai l’impression d’être hyper négative, mais je ne suis pas aigrie, loin de là. C’est juste que pour une fois je peux répondre à la merde que l’on raconte sur notre musique.Ça me frustre plus qu’autre chose ce que je lis dans les mags ou sur le net.
Vous vous démerdez comment en live – Rob peut jouer à la fois de la guitare et de l’orgue ?
D’habitude il joue de la guitare, mais de temps en temps, il a le courage d’amener un clavier pour jouer « The Sun Is Out ». Je sais pas comment il se démerde. À part ça, il compose principalement les morceaux sur son vieux Farfisa, ça fait des bruits sordides que je n’arriverais pas à reproduire, on essaie d’analyser les notes qu’il a voulu jouer et après on en fait une version guitare. Bon sérieux, il faut vraiment que je finisse d’installer mon expo pour sept heures.
INTERVIEW : ANTOINE QUINCEROT
PHOTO : CHARLOTTE ZOLLER
More
From VICE
-

Laurent Emmanuel/Contributor/Getty Images -

Natalia Lebedinskaia/Getty Images

