No more groupies

Photo: Maciek Pozoga

Si Reatard était né dans les années 1990, ses parents l’auraient sûrement gavé de Ritaline pour soigner son trop plein d’énergie, jusqu’à ce qu’il devienne l’un de ces enfants zombies dépersonnalisés. Heureusement, il est né dans les années 1980, et ses parents n’en avaient rien à foutre. Alors, il s’est auto-médiqué en faisant de la musique. Depuis, il a fait partie d’une tonne de bons groupes garage comme The Reatards, The Final Solutions, The Angry Angles, The Bad Times, ou The Lost Sounds. On pensait que son nouveau penchant pour des groupes «intelligents»—Blood Visions, son album solo, ressemble à du Wire—l’avait assagi, mais son batteur à lunettes nous a expliqué qu’il s’était fait foutre sur la gueule par Jay, une semaine plus tôt. On l’a rencontré pour parler amour, Storm Troopers et sida serbe.

Vice: Bienvenue à Paris. La tournée s’est bien passée?

Jay Reatard:
On a passé quatre jours dans le quartier des putes à Amsterdam avant de commencer la tournée. «Speed Rocking» Steve a même eu droit à une pipe gratuite en se faisant passer pour le fils de Ron Jeremy.

C’est vrai qu’il lui ressemble. Memphis te manque?

Je sais pas trop. Memphis, c’est plutôt chiant et déprimant. Mais les loyers sont bas, les maisons sont grandes, et il s’y passe toujours des trucs bizarres. Du coup, ça paraît logique d’être dans un groupe.

Tu préfèrerais vivre dans une plus grande ville, genre New York?

Surtout pas. La plupart des groupes des grandes villes sont trop victimes de la mode. Ils se sentent obligés de jouer comme les autres.

Tu as passé quelques temps à Atlanta, tu connais les Black Lips?

Oui, ça fait longtemps qu’on est pote. On s’est bourré la gueule avant d’aller à une convention de BD ensemble, il y a quelques années. On était entouré de centaines de Storm Troopers, c’était hallucinant. L’un d’eux a même essayé de me mettre une branlée.

Donc, vous êtes assez proches.

Oui, j’ai même volé une de leurs groupies.

Qu’est-ce que ça a donné?

Au début, c’était cool, mais je me suis lassé. J’ai commencé à fumer du crack et on s’est séparé.

Logique.

Ouais. Ça lui plaisait pas que je traîne dans une crackhouse avec un dealeur squelettique et une pute vietnamienne enceinte qui fumait pour essayer de «tuer la chose qui bouge à l’intérieur» d’elle. C’était assez glauque.

Est-ce que tu as réussi à retrouver l’amour depuis la groupie des Black Lips?

Oui, j’ai rencontré ma copine actuelle sur MySpace. On s’est envoyé des messages et je l’ai convaincue de déménager à Memphis. Elle vit avec nous maintenant.

Putain, c’est vachement contemporain comme histoire d’amour. Et en tournée, t’as eu des occasions?

Je suis dans une relation très exclusive. J’ai pas envie de ramener une maladie européenne bizarre, le sida serbe ou un truc comme ça. Mais je peux te dire que les Suédoises qui font partie d’un groupe de hardcore sont les plus faciles.
 

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