Ouais je sais, aimer le rap d’Atlanta est une idée qui renvoie à des années-lumières, quand les casquettes de baseball fleurissaient sur les têtes des jeunes bboys blancs d’internet dansants sur le sol moite du club des Grands Boulevards le Tryptique. Je suis d’accord avec vous, Jeezy c’était mieux avant, Lil’ Jon est cramé et D4L ça a toujours été naze. Outkast sont devenus gays. Et OK, Gucci Mane rappe aussi bien que Mr. Xavier des Svinkels. Pourtant le seul vrai bon rookie du rap en 2009 vient de là-bas, est pote avec Gucci et fait preuve de bien plus de stupidité que tous les types sus-cités. OJ Da Juiceman est le mec le plus intéressant du rap américain.
On avait déjà signalé son talent dans les chroniques de disque il y a quelques mois tandis que le fascinant blog rap Corporate Bloggin continue perpétuellement de vanter ses mérites, pourtant il semblerait qu’en France personne ne s’intéresse à lui. Ce qui n’est d’ailleurs pas forcément très grave pour son compte en banque blindé en milliers de K$, compte tenu du nombre de tapes, albums loupés et featurings sur lesquels il rappe. Il aurait juste fallu résumer grossièrement et de manière très subjective la courte carrière de ce génie au visage de crackhead. Faute à présent réparée.
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TWISTA F/ GUCCI MANE & OJ DA JUICEMAN – WALKING ON ICE
OJ fait un refrain parfait et un couplet incroyable injustement coincé à la fin du morceau, alors qu’un gros lard qui rappe vite et un gros lard qui rappe lentement font le boulot. Il en profite pour montrer son gimmick le plus identifiable, une sorte de cri d’oiseau mesquin sur le point de péter. AYE !
OJ DA JUICEMAN F/ GUCCI MANE – I COOK
Ambiance froide et menaçante, refrain incompréhensible et cynisme d’insiders à propos de la vente de drogue, c’est du rap bas de plafond sans originalité. C’est comme un morceau de Bruce Springsteen qui parlerait des champs de maïs en Alabama. Ouais non c’est un mauvais exemple parce que je déteste Bruce Springsteen.
OJ DA JUICEMAN – I TALK
Il s’agit d’un morceau doté d’un niveau d’écriture exceptionnellement bas dans lequel « OJ tha jew, man » nous explique qu’il parle à sa voiture comme Michael Knight dans K 2000. La référence aurait pu s’arrêter au refrain, sauf qu’elle continue tout le long du morceau. Bravo.
OJ DA JUICEMAN – COLD
Un autre morceau intégralement comparatif (au froid ce coup-ci, et à toutes les idées auquel il renvoie) et autre défi habilement relevé de la part de OJ l’ami des lettres. Le niveau est tellement fou que je pourrais quoter n’importe quelle phase au hasard et vous prouver à quel point c’est merveilleux. Tiens, à 2:15, way below zero, Call me Sub-Zero, If I catch you baby girl, you become a hero. J’ai pas du tout choisi ce passage au hasard, mais bon.
OJ DA JUICEMAN F/ GUCCI MANE & CAM’RON – MAKE DA TRAP SAY AY
De loin le meilleur morceau rap de l’année 2009. De la prod de Zaythoven jusqu’aux couplets de Cam’Ron et OJ, tout est proche de la perfection. Le refrain est dingue, le clip contient une intrigue débile impliquant des livreurs de pizza et on n’est pas obligé de se taper Gucci Mane puisqu’il l’ont foutu à la fin. C’est le genre de morceau qu’il faut faire écouter aux rappers français convaincus pour leur faire saisir la puisance de la domination américaine sur nos civilisations latino-germaniques nulles. Ou aux gros bouffons fans de Lil’ Wayne.
JIMMY MORE HELL
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