VIDEO GAMES – NINJA, MAN

Si la Xbox avait existé à l’époque de Nietzsche, il y a fort à parier que l’idéal hitlérien n’aurait pas été le surhomme mais le ninja, ce qui, hors de toute considération morale, aurait rendu la seconde guerre mondiale beaucoup plus classe. Mais aurait aussi offert la victoire aux nazis.
Heureusement pour le monde, la Xbox est apparue un siècle plus tard et – mais ne crions pas encore victoire – la voix philosophique de Mehdi Belhaj Kacem sera à priori beaucoup moins détournée et récupérée que celle de Nietzsche.

C’est bien simple, le premier « Ninja Gaiden » sur Xbox – résurrection 3D d’une série apparue sur Nintendo 15 ans plus tôt – était une épreuve divine dans le sens où les joueurs qui en venaient à bout pouvaient être considérés comme des dieux par les autres. Jusque-là, aucun jeu n’a permis de détrôner les heureux élus.

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« Ninja Gaiden » demeure celui par lequel l’Accession ultime arrive. Et même s’il est complètement kitsch (c’est un ninja) et qu’il arpente un univers assez improbable qui mêle Japon médiéval, steampunk, SF futuriste et complot de la CIA, le héros du jeu transpire la classe (c’est le ninja le plus fort du monde) dans cette suite très digne.

Il faut savoir que Tomonobu Itagaki, le cerveau derrière les « Ninja Gaiden » nouvelle génération, est une espèce de génie du mal et du rock ‘n’ roll qui verse à priori dans le voyeurisme – c’est lui qui a réalisé le fameux « Dead or Alive Extreme Beach Volley », un jeu exclusivement destiné à mater des étudiantes virtuelles jouer au volley en maillot de bain – et dans le BDSM. De fait, jamais vous ne jouerez à un jeu qui vous procurera autant de plaisir par la souffrance que « Ninja Gaiden ».

Si le mec a rendu « Ninja Gaiden 2 » plus facile d’approche, c’est seulement pour pouvoir martyriser un peu plus de joueurs qui viendraient se coller avec délice à son piège à mouches infernal. Parce que la difficulté est parfaitement balancée, on a beau se faire doser, une question d’estime et d’intégrité humaine nous fera dire qu’on peut y arriver. Que la machine ne peut pas prendre le dessus. Pas comme ça.

Plus facile, et beaucoup plus gore aussi. Dans « Ninja Gaiden 2 », les ennemis peuvent se découper en 5 à coups de râles et de geysers de sang. Mais pour peu que vous ne fassiez pas bien le travail, il y aura toujours un mec à qui il reste un bras qui trouvera le moyen de ramper jusqu’à vous pour vous planter un bâton de dynamite dans le dos et vous faire passer trépas alors que vous venez de vaincre une cinquantaine de ninjas tombant sur vous comme une putain de pluie démoniaque et que vous vous sentiez plutôt fier de votre exploit.

Joie/Souffrance. La dialectique est répétitive, mais quand elle s’inverse on atteint la jouissance. Une philosophie qui fait qu’un puceau qui entrerait dans le jeu en mode « normal » en sortirait homme. Et qu’un homme qui entrerait dans le jeu en mode « hard » en sortirait Dieu. Eh ouais, parfois un jeu vidéo c’est aussi simple que ça.

AL BATARD

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