Six designers qu’on aime

Chaque saison, les magazines nous bassinent avec leur « nouvel enfant terrible de la mode ». On peut généralement classer leurs coqueluches du mois en deux catégories. La première : un mec sans dents qui vient de la banlieue d’une ville cheloue, et qui vous offre l’opportunité de vous habiller soit en sac poubelle coloré, soit en maîtresse SM. La seconde : un homme ultra chic qui a grandi sur les rives d’un lac dans le nord de l’Italie, n’a pas réglé son œdipe avec une mère exagérément élégante et bourgeoise, et vous propose une panoplie impossible à endosser à moins d’être milliardaire et anorexique. Voici sept jeunes créateurs qui ne nous prennent pas pour des cons. FD
 

REQUIEM
Tanger, Kim Wilde, Faye Dunawa

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Vice : Vous vous êtes rencontrés comment ?

Raffaele :
Vous créez des vêtements couture mais votre image est rock’n’roll. Julien : Pourtant, ce nom, Requiem… Et vous habillez qui ? Genre quoi ? Vous pouvez me faire un portrait ? Et la New-Yorkaise ? Qu’est-ce que je pourrais vous souhaiter de pire pour l’avenir ? KRISTIAN AADNEVIK
Donatella, l’imaginaire et les tchiques rock’n’roll
Vice : T’es né à Bergen, maintenant tu as ta propre marque à Londres et des amis super bien placés à Milan. Comment t’as fait ?

Kristian :
C’est pas pour en faire tout un foin, mais euh, comment ça va avec Donatella Versace ? Tu fais quoi quand tu arrives au bureau le matin ? Tu as une muse ? Attends, tu es dans un trip Seigneur des anneaux ou quoi ?
ANDREA CREWS
Le Bauhaus, les kaléidoscopes, Joséphine Baker
Vice : Quand as-tu intégré le vêtement à ta démarche artistique ?

Maroussia :
Ces collaborations influencent vos collections ? Celle de l’hiver 2008 ? Que pensez-vous de la mode française ? Des créateurs ? Des acheteurs ? Quelles personnalités habillez-vous ? Parlez-nous un peu du 10 rue Frochot, dans le 9e arrondissement : qu’est-ce qui s’y passe ? CLAIRE PAIN
Londres, Hollywood et le bois

Vice : Pourquoi tu fais des bijoux ?

Claire Pain :
Qu’est-ce qui t’a poussée à monter ta propre marque ? Les jeunes créateurs font tout tout seuls. Est-ce que c’est ton cas ? C’est comment d’être jeune créateur en France aujourd’hui ? Comment tu passes d’une saison à une autre ? Everybody comes to Hollywood

LE TAPIN
Les mods, Amanda Lear et Karen O

Vice : Dis-moi un peu, comment tu as débuté dans la mode ?

À six ans, lors du défilé de fin d’année de l’école Duperré, j’ai porté les vêtements d’une styliste qui passait son diplôme. Ça m’a impressionnée. Après, j’ai concrétisé mon rêve en trois étapes : en 2003, j’ai représenté la marque américaine Domepiece, ça m’a permis d’observer le business de la sape. L’année suivante, je créais avec le graffeur Manuel Angot le collectif Art Force One, et en 2007, je lançais Le Tapin.

Qu’on se mette d’accord tout de suite : tes vêtements sont-ils destinés aux prostituées ?

Disons que c’est pour toutes les copines !

Quel genre de pièces tu créerais pour une fille qui tapine ?

Une ligne de tee-shirts à messages genre « Alors coco, tu montes ? ».

Quelle est la tendance de ta dernière collection ?

Très British, mais pas du genre Queen Mum. Je me suis inspirée des skinheads et des mods. Ça va décoiffer les bichettes !

Ok, je te crois. Avec qui rêverais-tu de collaborer ?

Seules les nénettes et les folles m’inspirent vraiment. J’ai découvert des créatrices de bijoux avec qui j’aimerais compléter ma ligne. Je pense à Pudding, du glam trash croustillant, et à Jeevanjee, qui revisite l’esthétique de Pakeeza, le film culte de Bollywood.

Où sont fabriqués tes vêtements ?

En Albanie. Ils sont directement taillés sur les modèles que l’on retrouve sur les trottoirs de Paname.

Qui pourrait devenir l’égérie du Tapin ?

Amanda Lear, ancienne amante de Dali, ou Karen O, la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs. Mais la reine de la performance scénique reste la Cicciolina : elle bat vraiment le pavé.

Tu es aussi DJ ; la musique influence-t-elle le Tapin ?

Et comment ! J’ai grandi dans une famille nombreuse aux goûts musicaux très éclectiques : mon père écoutait Kate Bush et la Compagnie Créole, alors que mes frangines étaient à bloc des Béru et de new wave. Moi, j’ai beaucoup œuvré dans le rap underground, avec les têtes de file comme l’irascible Phéno, une tête de Turc qui m’a appris la rage des mots. Un vrai maquereau, ça aide quand on fait le tapin.

PROPOS RECUEILLIS PAR LAUREEN LANGENDORFF

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