CE SOIR C’EST VERNISSAGE

On aime beaucoup les photos d’Estelle Hanania  parce qu’elles racontent des histoires étranges et poétiques. Pour sa première exposition perso à Paris, elle
a décidé d’aborder la question du costume et de la matière en allant faire de la spéléo en Provence et se promener dans les alpages. Avant de vous retrouver ce soir pour son vernissage, à la FAT GALERIE de 18h à 21h, on lui a demandé de nous parler de trois de ses photos.

« Ça c’est une photo d’une procession qui a lieu tous les ans dans un petit village suisse pendant
l’épiphanie. C’est une tradition païenne qui remonte au début du XIXème. Les hommes s’habillent dans des costumes entièrement végétaux qu’ils ont fabriqué eux-même. Ils défilent comme ça dans les montagnes,
et vont de ferme en ferme pour se faire offrir du vin chaud et chanter des chansons censées faire fuir les mauvais esprits. C’était très mal vu par les prêtres catholiques à l’époque, ils se promenaient avec des bâtons pour se défendre des moines qui leur tendait des embuscades. Il y a même eu
des morts. »

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« Dans cette ville près de Salzbourg, en Autriche, des hommes défilent par tradition avec ces
lourds et grands chapeaux en papiers découpés. C’est un peu la compétition entre les villages à qui fera le plus grand. Dans le cortège que je suivais, ils étaient super contents de te dire qu’ils en
avaient un de 2m50. La photo, c’est juste le chapeau posé par terre au moment où ils le mettent en lumière. Ils arrivent avec les bougies, les éclairent de l’intérieur et referment le chapeau. J’ai pris la photo à
ce moment là. C’est comme une sculture mais tu sais pas vraiment ce que c’est. T’as l’impression que c’est un vitrail mais il est décontextualisé. »

« Cette photo a été
prise dans une grotte dans le sud de la France. Le côté sous-terrain, ce qui se passe en-dessous de la Terre, ces endroits complètement suintants, c’est une source d’inspiration incroyable. Cette pierre est très organique, abstraite, ça a un côté attirant et repoussant. Tu sais pas si c’est mou, si c’est dur, et là tu sais pas si c’est de la macro-photo ou un grand angle, donc t’es un peu perdu. C’est ça qui m’intéresse dans les matières brutes, c’est que tu perds les repères d’image. C’est féérique mais effrayant à la fois. »

– Estelle Hanania, Roam the lands, à la FAT GALERIE, du mardi au samedi 11h-19h, jusqu’au 10 mai.

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