Depuis que je suis tout petit, j’aime trois trucs : l’alcool, les filles, et la musique. À 13 ans, j’ai réalisé que j’avais besoin d’argent pour me procurer tout ça, et j’ai vite commencé à consommer de grandes quantités d’alcool. Il n’y avait pas assez de gazons à tondre ni de bébés à garder pour financer mon mode de vie, alors, j’ai décidé de commencer à vendre de la weed pour me faire du vrai fric. Je prenais tellement d’acides à cette époque que j’avais fini par oublier que le plus important dans la vie, c’est de fourrer sa bite dans des vagins. Tout ce qui m’intéressait quand j’étais au lycée, c’était la drogue et la musique alors évidemment, je dépensais tout mon fric là-dedans.
Quand je suis allé à la fac, j’ai enfin arrêté de prendre des hallucinogènes et mes couilles se sont réveillés instantanément ; du coup j’ai eu besoin d’encore plus de fric, mais cette fois-ci, pour choper des meufs. Je voulais absolument m’acheter un putain de sound-system pour ma caisse, et j’ai pu le faire grâce à la drogue. Après, je me suis intéressé à un autre truc : les vacances. Je me suis rapidement habitué à gagner plusieurs milliers de dollars par semaine et à faire la fête en permanence. J’ai pris beaucoup de coke. Quand je me promenais avec trois grammes sur moi, je me disais que c’était une bonne raison pour m’en taper un tout seul. Les gens me disaient que j’allais avoir des emmerdes et que la police devait certainement me surveiller, mais j’étais tellement sûr de moi que je les ai ignorés. J’ai vraiment fait des conneries ; c’était comme si je faisais tout pour me faire attraper. J’étais cupide, impatient, et surtout complètement débile. Je me suis vraiment amusé, ceci dit. Je crois qu’aujourd’hui encore, j’adore m’amuser. Je ne sais pas trop à quoi aurait ressemblé ma vie si j’avais fait deux ou trois trucs intelligents. Qui sait ? Ma seule excuse, c’est que la vie me paraissait terne et j’ai voulu la pimenter un peu. Je n’ai pas honte d’avoir commis ces soi-disant « crimes ». En fin de compte, ce n’est pas si grave de vendre de la came. Ça me rend fou d’avoir fait de la taule pendant six ans, juste pour un peu de C. Enfin, ce n’est pas juste soit, mais c’est de ma faute.
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Aujourd’hui, j’ai décidé de canaliser autrement mon excès d’énergie. Je pourrais me mettre à la photo ou peut-être l’escalade. Parfois, j’ai du mal à me convaincre qu’il existe d’autres trucs que la défonce, la musique, et la baise. Si toutes ces merdes étaient gratuites, je n’aurais jamais vendu de drogues mais je serais certainement mort depuis longtemps.
Désormais, je sais que je n’ai plus besoin de vendre de drogues pour m’amuser. Si j’ai envie de jouer aux connards, je peux m’essayer au porno et glisser ma bite dans des femmes mûres en chaleur qui se font appeller Ethel, Eartha, Beth, ou Joséphine. Ça n’a pas l’air si difficile, voire « si terrible » que ça. La société ne m’enverra pas en prison si je me tape des vieilles salopes. Ma copine est OK pour devenir mon mac. Il n’y a aucune honte à vouloir réconforter les vieilles riches. Il faut que je trouve un bon site avec des femmes mûres qui ont de l’argent à jeter par les fenêtres. Du moment que je ne replonge pas dans la came, je ne retournerai pas en taule. De nos jours, tout le monde peut se faire plein de fric en faisant des trucs idiots (mais légaux) sur internet.
En revanche, je n’ai aucune envie de devenir un gigolo de merde. J’ai passé six ans de ma vie en taule. Je ne vais pas me mettre à construire mon patrimoine, repasser mes pantalons, manger du cassoulet William Saurin, et me faire sucer par des secrétaires. Mais quand j’aurai 40 ans (si j’y arrive), sait-on jamais. Je deviendrai acteur de films porno, gigolo, escaladeur et coach personnel. Je pense qu’en faisant tous ces trucs, je m’amuserai assez et gagnerai suffisamment de blé pour me tenir à l’écart de la drogue. Je suis prêt à affronter l’avenir. J’ai presque envie de devenir père de famille. Ça va me fera éviter la prison, ça c’est sûr.
BERT BURYKILL
Bert Burykill est un pseudonyme. Ce mec a passé pas mal de temps en prison au nord de l’Etat de New York, pour possession de drogues. On n’a pas voulu entrer dans les détails ; les pensionnaires des prisons n’ont pas vraiment le droit de critiquer le milieu carcéral.
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Photo by Theo Wargo/WireImage for Clear Channel Radio New York
