Video games killed the radio star




MADWORLD
Éditeur : Sega
Plate-forme : Wii


Qui n’a jamais été pris par l’envie d’exorciser la violence qu’il a en lui en enfonçant un lampadaire dans la gorge d’un mec, pour ensuite lui foutre un bidon enflammé en travers de la gueule, avant de l’empaler sur un mur à clous ? Celui qui dit non, qui trouve que c’est un peu trop sophistiqué comme exutoire, celui qui se contenterait juste d’un coup de cadenas de vélo dans le rétro du chauffeur de taxi qui vient de le klaxonner, celui-là n’est peut-être pas si vénèr que ça. Ou bien il est beaucoup trop old school et il croit qu’un beat’em all doit ressembler à Double Dragon ou aux Rues de Feu. Le problème, c’est qu’aujourd’hui les mecs qui programment des jeux s’en tamponnent de Walter Hill, et en l’occurrence, ceux qui se sont occupés de MadWorld avaient plus en tête New York 1997Le prix du danger et Frank Miller quand ils ont fait leur jeu.

S’il pense que ce sont des références de merde, tant pis pour lui. S’il dit que Jérôme le Banner en représentant d’un jeu vidéo ne peut pas être un gage de bonne qualité, il n’a pas tort. Mais il a eu tort de s’en tenir à ce constat navrant. Car MadWorld, non content de prodiguer des images d’une violence radicale bien que caricaturale, est un des plus beaux jeux à être sorti sur console depuis un bail. Quand je dis beau, qu’il m’entende, je lui parle pas de nombre de polygones et de textures riches, non, je lui dis juste que pendant que des mecs passent des mois à essayer de faire mieux que le jeu précédent, qui atteignait un réalisme dans les éclairages et les mouvements encore jamais vu, il y en a d’autres un peu plus intéressants qui se disent que ce serait vraiment cool d’offrir au joueur une expérience graphique qu’ils n’ont encore jamais vécue.

Le résultat, c’est du noir et blanc tendance os avec comme seule couleur ou presque le rouge sang du châtiment qui sort en trombe des corps que Jack massacre allègrement, poussé par son agent russe, pour finir victorieux d’un jeu dans le jeu, mise en abîme simpliste mais efficace que le jeu en question te propose. Si celui à qui je m’adressais au début de la chronique me suit, c’est qu’il est assez malin pour jouer à MadWorld. S’il ne me suit pas, c’est qu’il est assez teubé pour finir victorieux de cette éprouvante épopée visuelle.

Ah, pardon… Tu étais là, je viens de parler de toi à la troisième personne devant une meuf canon et tu t’es senti super humilié ? Je te comprends, j’avais le même problème que toi quand j’avais 15 ans. Mais j’avais déjà beaucoup moins de boutons que toi. T’as envie de me frapper maintenant ? T’es un pauvre type.

Va donc choper MadWorld et la wiimote de ta mère qui essaie encore de perdre les kilos qu’elle ne perdra plus jamais en suant sur un tapis d’aérobic numérique, et fais-toi plaisir. Commence par la cogner. MadWorld vient s’ajouter à la longue liste des jeux de ses créateurs, déjà responsables de Viewtiful JoeOkami, Steel Batallion, Devil May Cry ou Resident Evil, tu sais ces pauvres jeux qui ont marqué la culture plus ou moins intelligente du jeu vidéo (je parlerais bien d’Intelligent Video Games, mais les initiales sont déjà prises) et au-delà de ça, ces quinze dernières années. Par ailleurs, il fait partie des 5 jeux sortis dans la décade dont tu te souviendras avec émotion dans quelque temps, quand tes petits-enfants te demanderont quels jeux t’ont éclaté la tête au temps révolu des consoles de jeu. Puis si tu n’as pas de descendance, tu pourras toujours dépasser la dépression liée au constat que tu n’as personne à qui parler autre que ton meilleur pote d’il y a 40 ans qui ne l’est même plus, mais qui est le seul qui reste et avec qui tu peux partager ces vieux souvenirs d’une ère où le jeu vidéo pouvait encore être pris comme un terrain d’exploration artistique et ludique.

AL BATARD




RHYTHM PARADISE
Éditeur : Nintendo
Plate-forme : Nintendo DS


Je me suis toujours énervée contre les mecs qui ne tapent pas dans les mains en rythme à des concerts. Déjà, l’action même de taper dans les mains, je trouve ça blaireau. Mais franchement, taper à contretemps, là c’est la punition sonore, ma bière sur ta tête et un gros taquet au mollet. C’est comme les mecs qui connaissent les paroles par cœur et qui chantent à tue-tête hyper faux. Juste : arrête ou je me transforme en serial killer. Pour ma part, je me débrouille pas trop mal. J’ai explosé tous les Parappa The Rapper ; a priori, je sais caler deux disques et si on me fout derrière une batterie, je suis au moins capable de faire le métronome. Mais quand j’ai commencé à jouer à Rhythm Paradise, j’ai subi quelques moments d’humiliation. Au début. Parce que ce jeu aux bonhommes stupides et débiles a pour but de tester votre rythmique. Certes, les morceaux sont un peu pourris, mais le gameplay est tellement cool que c’est franchement pas grave. À chaque niveau, on représente un nouveau perso et on doit copier nos petits camarades (chant, tape dans tes mains, saute en rythme…). Le truc, c’est qu’il faut de l’entraînement pour le « taper-glisser » sur l’écran tactile et évidemment aussi une sacrée dextérité. N’est pas Sheila E. ou Tommy Lee qui veut. Mais comme l’ex de Pam sur son solo mythique absurde grue-baudrier-ça tourne, je tenterais bien un Big Bang à la Foire du Trône avec la DS dans les mains histoire d’impressionner tout le monde. Ça serait un peu comme si les Vice boys mixaient de vrais vinyles aux apéros du Rade. Improbable et classe, quoi.

EMMA NUE DIBANGO

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