Voilà trois ans qu’on accompagne l’Étrange Festival, le meilleur festival de cinéma parisien du monde, et comme chaque année, c’est un enfer de présenter dignement le festival en cinq films tant la sélection part dans tous les sens tout en conservant une indéfinissable pertinence. Bref, cette année, le festival rend hommage à Rutger Hauer qui viendra présenter quelques-uns de ses films (je le dis sans superlatif nulle part, parce que je risquerais d’en manquer assez vite) et Julien Temple a sélectionné quelques films d’autres personnes pour profiter d’une carte blanche assez sage mais pas inintéressante.Ce sera aussi l’occasion de découvrir le réalisateur flamand Koen Mortier dont on n’arrête pas d’entendre le plus grand bien sans jamais avoir vu les films. Par ailleurs, l’Étrange Musique, la branche musicale du festival propose des concerts assez passionnants. Et ce ne sont que quelques hauts lieux de ce que le festival présente cette année. Vous voulez quelques exemples de trucs à ne pas rater ? Vous feriez mieux d’aller voir le programme vous-même mais on vous conseille particulièrement les films en dessous.
REQUIEM POUR UN MASSACRE, de Elem Klimov
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Si Terence Malick était russe, qu’il était engagé politiquement, qu’il était possédé par la haine et qu’il avait décidé de faire un film sur la seconde guerre mondiale, ce serait Requiem pour un Massacre. Aussi moralement traumatisant que plastiquement sublime, le film de Klimov fait partie de ces films modelés de majesté. OK, Potemkine a sorti un super beau DVD il y a quelques années, donc ce n’est pas le film le plus invisible du monde, mais d’abord tu l’as vu toi ? Et surtout, est-ce que tu l’as vu sur un putain d’écran avec un putain de son ? Bouleversant. Il y a aussi moyen de faire un début de collection de films incluant le mot « Requiem » dans le titre lors de cette édition du festival puisqu’à côté de Requiem pour un Massacre, on pourra aussi voir Requiem pour Detroit (de Julien Temple) et Requiem pour un Champion (de Ralph Nelson, sur un scénario de Rod Serling).
THE THEATRE BIZARRE, de plein de réalisateurs chanmé
On a pas vu ce film à sketches mais la grande majorité des mecs qui l’ont fait sont super excitants. Douglas Buck et Tom Savini sont les plus reconnus, mais Buddy Giovinazzo a réalisé le martyrisant Combat Shock et Richard Stanley un des meilleurs films de robots post-apocalyptique dark wave des années 1980 : Hardware. Après ça, on s’en fout un peu de ne pas connaître les deux autres. La réunion de ces quatre-là est déjà un événement en soi.
PISCINE SANS EAU, de Koji Wakamatsu
Malgré l’intérêt croissant concernant l’un des meilleurs cinéastes japonais de l’histoire et permettant de revoir la plupart de ses films grâce au très beau travail de l’éditeur Blaq Out, il reste quelques films de Koji Wakamatsu qu’on n’a pas eu l’occasion de voir. Cette Piscine sans Eau fait partie de ceux-là. Quand on dit qu’on n’a pas eu l’occasion de le voir, on ment un peu parce qu’il sort en DVD le mois prochain, et même s’il est moins « stylisé » que les précédents, il défonce, il est super pervers et fun donc, allez le voir au cinéma.
DAUGHTER OF HORROR, de John Parker
À chaque fois que tu parles de Daughter of Horror, qui s’appelle aussi « Dementia », il y a toujours un con pour te dire « ah ouais, le premier film de Coppola ! ». Sauf que non, Daughter of Horror est bien différent et aussi bien plus fou. Une traversée cauchemardesque et onirique de Los Angeles dans les années 1950 menée par les tourments d’une fille en passe de tomber dans les limbes de la folie. Si vous voulez, c’est un peu du Lynch, mais trente ans avant. Et le film est projeté dans le cadre de l’Étrange Musique où il sera illustré en direct par Boyd Rice, un dinosaure de la musique indus, ce qui n’est pas l’étiquette la plus flatteuse du monde, mais qui peut offrir un nouveau visage assez cool au film de John Parker.
WALK AWAY RENÉE, de Jonathan Caouette
Je dois bien avouer que ce n’est pas sans cynisme que je pointe le nouveau film de Jonathan Caouette du doigt. J’ai cru comprendre qu’à l’instar d’Harmony Korine, Caouette profitait d’une relative crédibilité arty dans certains cercles critiques où Tarnation représenterait le fin du fin en matière de nouveau cinéma. Perso, je trouve que Caouette est un mystificateur de merde qui ne fait qu’emprunter des poses, autrement dit, il contente les spectateurs qui aiment se faire sucer la bite. Et en plus il est chiant, contrairement à Korine qui lui a l’avantage de revendiquer une certaine connerie. Comme je peux être très « vivre et laisser vivre » à mes heures, je préviens donc les intéressés que Walk Away Renée, le nouveau film de Caouette dans lequel il se penche sur les rapports entre sa mère et lui, est programmé lors du festival.
L’Étrange Festival aura lieu de 2 au 11 septembre au Forum des Images à Paris. Le reste de la programmation et les détails administratifs sont consultables au www.etrangefestival.com.
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